samedi 19 décembre 2009

Derrière la conscience, la conscience de la conscience...!



Des chercheurs de l'université de Zurich ont présenté une de leurs expériences dans la dernière livraison de la Revue Neuron. Ils ont proposé à une vingtaine de participants de mentir ou non selon un protocole rigoureux en faisant une promesse qu'ils tenaient ou non. Les chercheurs suivaient ensuite le trajet cérébral à l'IRM de la personne face à sa promesse. Il se sont aperçus que chez les menteurs deux zones du cerveau étaient stimulées qui n'étaient pas stimulées chez les autres.
Mais ce qui est peut-être plus intéressant encore c'est de savoir que ces zones devenaient actives avant que les personnes n'aient pris la décision de mentir.
Ces participants avaient en fait pris leur décision avant même d'en avoir conscience …
Là encore comme dans d'autres expériences la conscience ne semble pas intervenir de manière prépondérante dans les choix. Elle semble entériner un choix qui s'est fait sur des critères non conscients en amont d'elle-même... à suivre...

dimanche 13 décembre 2009

Lire le mot sourire fait sourire !


Une étude publiée en mai 2010 par F.Foroni (*) démontre, après d'autres études, que lorsque nous voyons quelqu'un sourire, les muscles de notre visage se mettent également à sourire !
Elle montre aussi et c'est plus intriguant encore que la lecture du mot sourire fait sourire !
Le langage n'est pas simplement symbolique. L'air de rien pour que nous comprenions nos interlocuteurs, il faut que nous fassions nous mêmes, en la ressentant dans notre corps, l'expérimentation ce qu'ils disent. Et c'est au bout du compte le corps lui même (en fait les zones cérébrales correspondantes) qui évalue le poids des mots pour leur donner toute leur consistance. Le langage n’est pas seulement symbolique, il est donc aussi somatique.

De découverte en découverte l'interaction entre le corps et le cerveau se précise, et surtout il devient de plus en plus clair qu'une grande partie de notre intelligence se construit à partir de ce que nous ressentons de façon sensible.
Que restera-t-il dans cent ans de cette théorie monumentale de la « raison pure » qui voulait « affranchir la connaissance de l'expérience » pour reprendre une expression chère à Emmanuel Kant...?!

(*) "Language That Puts You in Touch With Your Bodily Feelings" and access to other Psychological Science, 2010.

vendredi 4 décembre 2009

Si "non-verbal" n'existe pas, les gens qui ne parlent pas existent-ils vraiment ?


Sur la page d'accueil du site synergologie.org, en bas à droite, un sondage propose aux visiteurs de voter pour savoir si l'expression « non-verbal » devrait être dans le dictionnaire. Ce sondage qui est plus sympathique que rigoureusement scientifique, permet de voir que 1,7 % des gens, 12 personnes sur 719 pensent que ce serait une hérésie.
Ces douze personnes sont-elles conscientes que lorsqu'elles font face à une personne qu'elles écoutent, lorsqu'elles ne parlent pas, comme l'expression "non verbal" n'est pas dans aucun dictionnaire académique, c'est comme si elles n'existaient pas, car leur existence n'est que non verbale...! serait-ce une hérésie dans ces conditions de leur dire qu'elles n'existent pas...?!

Pour ceux qui pensent que cette expression ne devrait pas être dans le dictionnaire parce qu'elle est composée de deux mots, que faites vous alors, des : « non-comparution ; non-conformiste; non-croyant ; non -non-dit; non-fumeur... et de leurs 47 colistiers, écrits non-stop ..dans les dictionnaires ?!

Mais ne vous inquiétez pas, c'est bien avec des mots que nous irons montrer que les réalités les plus intéressantes sont celles qui nous laissent sans mots !

lundi 30 novembre 2009

Les droitiers et les gauchers ne sont pas si différents !


Dès que la gestuelle est évoquée concrètement dans une réunion, formation,conférence, forum... immanquablement une voix s'élève toujours pour dire : « Et pour les gauchers ca se passe comment !? » avec en arrière-pensée cette idée que pour les gauchers la communication non verbale devrait être différente de ce qu'elle est pour les droitiers. Or, la gestuelle des gauchers n'est pas différente de celle des droitiers dès que les gestes sont faits de manière non consciente (Exemple . Faire des gestes en parlant).
La gestuelle des gauchers est tellement proche de celles des droitiers que même dans le cas ou les droitiers et les gauchers écrivent, alors même qu'ils utilisent dans ce cas précis, consciemment une main différente, la zone motrice du cerveau responsable de l'écriture est rigoureusement la même !!!(*) et ne permet pas de les distinguer !

Pourquoi cette rengaine qui voudrait que les gauchers et les droitiers soient si différents du point de vue comportemental a-t-elle donc la vie si dure...?


(*) C'est la zone du gyrus frontaL, Cf F.E Roux et al : Annals of neurology, 10,1002, 2009.

lundi 23 novembre 2009

Les mensonges sont le mieux décodés par les personnes qui ont... une mauvaise estime d'elles mêmes !


Le bon observateur est une personne attentive à l'autre. C'est là une réalité qui ne nous étonnera pas vraiment, mais qui est maintenant mieux connue grâce à des tests réalisés sur les personnes les plus habiles à décoder le mensonge. Les études semblent congruentes à ce sujet. Si vous prenez des individus lambda qui n'ont pas appris à décoder le mensonge ni sur des critères verbaux, ni sur des critères non verbaux, on s'aperçoit que les personnes les plus habiles à le faire ont en commun........ une mauvaise estime d'elle même (*) !
Ce trait de personnalité plutôt handicapant au quotidien peut donc à l'occasion devenir une qualité ! Ce qui n'est pas illogique si l'on y réfléchit bien car la personne qui a été mise à l'écart se place d'elle même davantage, en retrait de la relation, en situation d'observatrice. Devenue plus observatrice qu'actrice elle repèrera plus facilement « ce qui cloche » dans la communication de l'autre que la personne mise en situation d'être regardée

Il n'est pas si fréquent qu'une mauvaise estime de soi-même puisse être mise à l'honneur et devienne une qualité, ca méritait d'être souligné !

(*) Bond Ch de Paulo cité in Marc-André Reinhart : détecter les mensonges ,Cerveau et Psycho, 34.

jeudi 29 octobre 2009

Le cerveau prend ses décisions avant nous !


Lorsque nous devons prendre une décision il semblerait que le cerveau prenne sa décision bien avant que nous n'en n'ayons ouvertement conscience. Une équipe du Centre Bernstein pour les neurosciences de Berlin (*) a scanné les cerveaux des volontaires qui l'on demandait d'appuyer sur le bouton vert ou droit d'une console. Il semblerait que pour certains d'entre eux les chercheurs peuvent déterminer près de dix secondes à l'avance le bouton sur lequel le sujet va appuyer....!!!

La bonne vieille théorie du libre arbitre semble définitivement battue en brèche car ce n'est pas la première expérience qui décrit ce phénomène.


D'où cette question posée cette fois-ci à partir du lexique corporel. Et si le corps lors de choix importants montrait déjà que l'individu a fait un choix avant même qu'il n'en n'ait conscience....?

Tous les indicateurs présents dans la discipline synergologique semblent réunis pour montrer qu'un jour ce sera là une évidence....


(*) Nature Neuroscience, 2008

mardi 27 octobre 2009

Les rapports entre les sexes... !


En 2004, après avoir observé 20000 couples dans neuf pays, sur des grandes places ou les voitures ne circulaient pas, je notais que plus les hommes et les femmes s’enlaçaient pour marcher ensemble, plus les hommes avaient tendance à se tenir à la gauche des femmes Ils ne se contentaient donc pas de s’étreindre, ils changeaient de position dans l’espace. J’en concluais à l’époque qu’au delà de désir de rapprochement un syndrome d’amour nocif engendrait le désir de possession masculin couplé au désir féminin de se placer sous la protection de l’autre. 14 % des couples semblant cependant échapper à ce mouvement. (Pourquoi les hommes marchent-ils à la gauche des femmes ? Ed de l’Homme, 2002)
Une étude récente m’a rappelé cette réflexion relative au besoin de domination :
.... les femmes qui ont dans leur travail une fonction d’encadrement ont 137 % de plus de chances que les autres d’être harcelées ! (*) Ces femmes étaient dans une position de cadre intermédaire ayant elles-mêmes des supérieurs au dessus d'elles.
L'auteure de l'article pense à la lueur de ces statistiques que le harcèlement est moins une question de désir que de contrôle et de domination.
On peut faire dire beaucoup de choses aux chiffres, mais dans le cas présent on peut se contenter de les laisser parler par eux-mêmes, qu'en pensez-vous ?!

(*) Mc Laughlin Heather : “ A longitudinal analysis of gender power, sexual harassment in young adullthood », 54 ème congrès de l’American Sociological Association, 2009.